Profondsart, tout le monde descend
…
On sait que la SNCB est en … train de revoir sa copie
en ce qui concerne son Réseau. Le projet RER n’est
bien entendu pas étranger à ces recherches et autres
enquêtes, notamment au niveau de la rentabilité et
à celui des investissements. En vue de préparer
son intervention au conseil communal de ce mois de septembre ;
le conseiller Benoît Thoreau avait consacré une bonne
partie de ses vacances à ce dossier, et plus spécifiquement
la partie qui concerne la gare de Profonsart.
Avec Benoît Thoreau, nous avons donc abordé les
principes du projet RER, ses implications sur le tronçon
qui sillonne le hameau de Profondsart, les remarques formulées
lors de l’enquête publique et les conclusions du conseiller
cdh de Wavre.
“Il convient d’abord de souligner les principes du
projets pour mieux en cerner les enjeux financiers, environnementaux,
techniques …. “, entame Benoît Thoreau. “Que
vise le projet en ce qui concerne la liaison Ottignies-Bruxelles
et qui nous intéresse ? Les buts sont multiples. Parmi
eux, la mise à quatre voies de la ligne 161 entre Watermael
et Ottignies, soit deux voies centrales pour les trains rapides
et deux voies extérieures pour les trains omnibus RER.”
Le projet en lui-même va oublier la courbe de raccordement
sur la ligne 139 Ottignies-Wavre-Louvain. Un investissement qui
pesait 1,5 milliard. “Et pour lequel la ville de Wavre devrait
se battre. Un droit de tirage de 1,5 milliard, cela vaut le coup
non ?”, interroge notre interlocuteur.
L’augmentation de l’offre ferroviaire à hauteur
de 50% à l’horizon 2015 est aussi dans les tablettes.
“Ce qui signifie que l’on passera de 190 à
296 trains par jour avec un maximum de six trains de marchandises
par jour. En ce qui concerne les RER, une cadence de six trains
par heure est prévue en heure de pointe”, ajoute
Benoît Thoreau.
Sur le plan technique, ce projet RER prévoit de faire rouler
du nouveau matériel et de porter la vitesse maximale à
160 km/h au lieu de 120 ainsi que la mise en place de dispositifs
antibruit et la prise de mesures visant à limiter les nuisances
dues au chantier, pour les riverains mais aussi pour le trafic
ferroviaire qui ne sera pas interrompu.
Pratiquement, quelles seront les implications du projet RER sur
son parcours wavrien à Profondsart? C’est ce que nous
a expliqué Benoît Thoreau à la faveur d’une
visite commentée des lieux.“Dans les grandes lignes,
je souscris à un état des lieux des implications tel
que les éléments en ma possession me le décrivent.
Cela comprend beaucoup de choses. Dans le désordre, je citerai
le déplacement de la halte de Profonsart d’environ
350 vers le nord en la plaçant à hauteur de la rue
du Bourgeois.”“L’objectif est de rentabiliser
cette halte en attirant des habitants qui l’atteindraient
par la N257 dont le tracé prévu devrait légèrement
être dévié à cet effet. Les 70 voyageurs
quotidiens montant actuellement à la halte de Profonsart
ne devraient pas être pénalisés : l’accès
à la nouvelle halte sera en effet facilité grâce
à la prolongation de la rue de Rofessart (actuellement en
cul de sac) vers la rue du Bourgeois. A ce sujet, il faut savoir
que le chemin du Bourgeois sera transformé en voirie à
double sens. Ceci permettra un accès aisé vers la
halte dans l’attente de la réalisation de la N257.
Un parking de 80 places sera réalisé à proximité
de la nouvelle halte tandis que les ponts du chemin du Bourgeois
et de la rue des Ecoles seront agrandis ( largeur et longueur) de
manière à donner la place à une double voie
de circulation et à un trottoir de chaque côté.
La largeur actuelle en dessous de ces ponts est de 4 mètres
et elle sera doublée. Par ailleurs, malgré l’élargissement
à quatre voies, la rue de Moriensart est maintenue grâce
à un léger décalage des voies vers l’Ouest.”
Impossible d’imaginer un projet d’une telle ampleur
sans penser aux effets en amont et en aval, comme destruction de
construction, nuisances sonores et autres. En règle générale,
les constats formulés ne semblent pas effrayer Benoît
Thoreau :
“Deux bâtiments seront effectivement détruits
: l’actuelle gare de Profonsart car elle est dans le chemin
des nouvelles voies créées; et une maison privée
qui se trouve à l’emplacement de la future halte
et de son parking. Au niveau des nuisances sonores, l’étude
d’incidences montre qu’en règle générale
il y aura une légère amélioration de l’environnement
sonore pour les riverains directs de la ligne et une légère
détérioration de l’environnement sonore pour
les riverains un peu plus éloignés. Certes, la fréquence
de passage augmentera, mais le niveau de crête ( émergence)
du bruit diminuera du fait de la combinaison des dispositifs anti-bruits
prévus dans le projet. Enfin, je me réjouis qu’au
niveau des nuisances vibratoires, la SNCB annonce un réel
progrès grâce à la mise en place de dalles
en béton et le ballast en dessous des voies, permettant
de diminuer la transmission des vibrations dans le sol. L’utilisation
de matériel roulant moderne pour le RER devrait aussi limiter
les nuisances vibratoires de même que l’élimination
ou le transfert loin des habitations chaque fois que ce sera possible,
de toute interruption des rails ou d’aiguillages”.
Qu’en pensent les gens ?
Un dossier aussi complexe et aussi important a bien sûr
provoqué des commentaires et réactions dans lesquelles
se croisent craintes, espoirs et souhaits. Près de 150
lettres sont ainsi parvenues. En vrac, les observations portaient
sur des considérations parfois générales
(RER) mais aussi parfois très pointues (RER Profonsart).
“C’est la preuve que les gens se sont penchés
avec beaucoup de sérieux sur un projet qui concerne leur
quotidien. Soit comme utilisateurs, soit comme riverain”,
commenta Benoît Thoreau avant de conclure :
“Les commentaires et objections concernaient, dans le désordre
:l’arrêt de tous les trains RER à Profondsart
; l’opposition à la courbe de raccord à la ligne
139; le respect des recommandations de l’étude d’incidence
concernant le matériel roulant et adaptation des panneaux
anti-bruit; la plantation de buissons et arbres à haute tige
sur les talus et la prise de mesures anti-tags ; le maintien d’une
liaison entre les deux parties du hameau de Profondsart pendant
les travaux, en particulier pour les piétons ( accès
écoles) ; une bonne information de la programmation des travaux
de nuit et en week-ends; la gratuité des parkings SNCB; le
déplacement de la gare doit être conditionné
par la réalisation de la N257, faute de quoi il conviendrait
de prendre les mesures qui s’imposent pour réduire
la vitesse dans la rue Elie Legrève ; veiller à la
que la création d’un parking en zone agricole ne dénature
pas l’endroit; le recouvrement de la ligne côté
rue Deladrière par des jambages anti-bruit depuis la rue
des Ecoles jusqu’à la gare actuelle; faire un état
des lieux des immeubles avant les travaux par crainte que les vibrations
supplémentaires ne fassent des dégâts; quid
d’une isolation phonique des immeubles; quid de la surveillance
et prévention du rayonnement électromagnétique
; le réaménagement des voies périphériques
pour faciliter la circulation; la révision de l’aménagement
du chemin du Bourgeois; la réduction de l’importance
du parking; l’interdiction de nouvelles constructions à
moins de 50 mètres des voies; l’aménagement
d’un parking pour vélos : prévoir une évacuation
pour des eaux de ruissellement supplémentaires”.
Comme toujours dans ces cas de figure, certaines remarques sont
contradictoires. Ainsi, par exemple, comment admettre à
la fois l’exigence d’une isolation phonique dans les
maisons, ce qui suppose des nuisances conséquentes, et
en même temps vouloir l’interdiction de nouvelles
constructions, qui ne risque pas d’arriver si l’endroit
est si déconseillé que cela. Il semble que l’on
soit là assez proche du syndrome de Bierset. Pour le reste,
l’enquête publique a suscité les remarques
que l’on pouvait attendre. Le bon sens ayant globalement
guidé la réflexion qui s’imposait.