Les chiens écrasés ne font généralement
pas la une des actualités. Une fois n’est pas
coutume, ils feront l’objet de cet article.
Qui a déjà parcouru les routes du pays a certainement
croisé sur sa route le cadavre d’un animal,
au milieu de la chaussée ou sur le bas-côté.
Nos amis les bêtes sont bien souvent les victimes
collatérales de la circulation. Biches, chevreuils,
sangliers, renards mais aussi chats et chiens errants se
retrouvent parfois, malgré toute notre vigilance,
sous nos roues. Rares sont ceux qui y survivent.
Dès lors se pose la question de savoir que faire
des cadavres ? La plupart sont pris en charge par le service
des voiries du Service public de Wallonie (anciennement
MET) ou directement par la commune. Mais évidemment,
ils ne se déplaceront pas pour une souris ou un pigeon
mort sur le bord de la route.
A Wavre, c’est le Service des travaux qui s’occupe
de nettoyer les voiries. Mais il faut avouer que les rencontres
avec un gros gibier sont relativement rares sur le territoire
de la commune. «Nous avons plus régulièrement
des cadavres de renards ou de lièvres», explique
Marc Bastin, échevin de l’Environnement. Vous
avez donc plus de risque de percuter un chien ou un chat
qu’un sanglier dans la cité du Maca ! «Mais
nous avons eu un malheureux cas d’un cheval qui s’est
éventré sur le hayon d’une voiture à
Bierges, au début du mois de juin. Le Service des
travaux n’était pas équipé pour
évacuer un animal de cette pièce», ajoute
Marc Bastin, «Nous avons donc fait appel au clos d’équarrissage.»
C’est également ce service qui intervient lors
des rencontres avec du gros gibier.
Qui paye pour les dégâts ?
Lors d’un accrochage avec un animal, le conducteur
s’en sort généralement indemne mais
ce n’est pas toujours le cas pour la voiture ! La
quantité de tôle froissée est généralement
proportionnelle à la taille de l’animal. Néanmoins,
les frais ne sont pas imputables au conducteur. C’est
au propriétaire de l’animal de payer la facture…
quand celui-ci est connu. Ce qui n’est évidemment
pas le cas pour le gibier et les animaux sauvages. La situation
se complique donc dans ce cas-ci. Et c’est vers votre
assureur qu’il faudra vous retourner pour voir si
ce type d’accident peut-être indemnisé.
La situation diffère d’une compagnie à
l’autre. Mais ce type de dégâts est généralement
couvert par une assurance omnium.
Finalement, les animaux que nous heurtons n’ont pas
beaucoup de solutions: soit ils meurent sur place, généralement
abandonnés par le conducteur, soit ils sont vivants
et poursuivent leur route et vont mourir dans les bois.
Les plus chanceux sont emmenés vers un vétérinaire
ou un refuge qui feront leur maximum pour sauver l’animal.
Vétérinaires bénévoles
Lorsque l’animal est vivant, c’est aux vétérinaires
d’intervenir pour tenter de le sauver. Mais ici, le
service de secours n’est pas organisé comme
chez les pompiers ou les ambulanciers.
« On est dans le domaine privé, donc on peut
faire appel au service vétérinaire de garde
s’il y en a un », explique Thomas Degand, vétérinaire
à Chastre. «Aucun vétérinaire
n’a l’obligation d’y participer mais celui
qui le désire a le droit de le faire. Actuellement,
soit le vétérinaire intervient implicitement
soit il est réquisitionné par la police si
un vétérinaire est requis et qu’aucun
n’est disponible.»
Pour sa part, Thomas Degand n’hésite jamais
à se rendre sur le lieu d’un accident. «Mais
mon cas est un peu exceptionnel car je suis vétérinaire
mais aussi pompier volontaire. C’est ainsi que mes
collègues me demandent régulièrement
si je sais intervenir. J’essaye alors de me rendre
disponible le plus souvent possible», ajoute-t-il.
Précisons tout de même que si un vétérinaire
est réquisitionné, les frais sont pris en
charge par l’autorité judiciaire qui pourra
éventuellement se retourner contre le propriétaire
s’il est connu. Sans réquisition, c’est
au vétérinaire de se faire payer par le propriétaire.
«Bien souvent l’intervention est assumée
par le vétérinaire, ce qui les rend fort réticents
à intervenir », précise Thomas Degand.
«Il serait heureux d’avoir, comme c’est
le cas en France, des vétérinaires rattachés
aux services d’incendie. Je pense que c’est
vers ça qu’on tend avec la réforme des
services de secours.»